Yann Pegaz : "énormes sensations avec le wakeboard!"

Trois jeunes de la ligue savoisienne se sont retrouvés au bord du lac d'Annecy, pour évoquer la passion de l'un d'entre eux: Yann Pegaz. "Rider" annécien qui monte et déjà titré à plusieurs reprises, il nous fait découvrir un sport malheureusement peu connu du grand public, mais incontournable sur les lacs de Savoie : le wakeboard. Entretien.

WffiS : Bonjour Yann. Peux tu nous présenter en quelques mots ton sport, le wakeboard, ainsi que ton parcours?

Yann Pegaz : — Le Wakeboard consiste à glisser sur l'eau (tracté par un bateau) sur une planche, les pieds attachés. C'est une discipline à part dans le monde du ski nautique, puisqu'il n'est pas nécessaire de passer par la pratique préalable du bi-ski ou du monoski. C'est l'équivalent du snowboard, sur l'eau. Le Wakeboard doit son succès avant tout à sa facilité d'accès (la pratique du wake est intuitive) et aux figures qu'il permet de réaliser: saltos avant et arrière, 180°, 360°, hélicoptère, 180° sauté, 360° sauté, 540° sauté, 720° sauté, tantrum... En effet, lors des compétitions les participants doivent accomplir le plus de figures techniques dans un espace délimité afin de marquer des points. Les juges décident donc des qualifications en fonction de la qualité des figures (amplitude,intensité,réalisation...), avec un système qui fonctionne comme toutes les compétitions sportives (poules, finales). J’ai 21 ans, je suis étudiant en sport-études au CESNI (Centre d’Études pour Sportifs de Niveau International, organisme appartenant à l’IUT d’Annecy au sein de l'Université de Savoie) où je vais rentrer en 3e. année d’un DUT Techniques de Commercialisation. Cette formation est très pratique car elle me permet de m’entraîner tout en poursuivant mes études. Eh oui, le wake n’est pas encore en France (ni même chez nous!) un sport sur lequel on peut entièrement fonder son avenir! J’ai commencé le wakeboard à Annecy à l’âge de 11 ans, je participe à des compétitions nationales depuis 6 ans et internationales depuis 3 ans, en ayant obtenu les résultats suivants: Champion de France junior, puis deux fois vice-champion et une fois troisième, 12e. aux Championnats du monde junior et 15e. Open aux Championnats d’Europe.


Les Annéciens ont la chance de pouvoir pratiquer ce sport sur le lac, mais le wakeboard est il réellement développé en Savoie et en France d’une manière générale?

— Le wakeboard est un sport assez peu connu car relativement jeune (apparition en Europe fin des années 80); sa pratique n’est pas des plus accessibles à cause de son coût (carburant) et de la structure nécessaire (bateau, plan d’eau, matériel…). Toutefois le Lac d’Annecy est un pôle dynamique en France, et n°1 en Savoie tant du point de vue du nombre de pratiquants que de leur niveau. Les régions d’Ile de France et du Sud comportent aussi de bons sites.


La Savoie est donc particulièrement fournie en riders…

— L’annécienne Estelle Tuaz (13 ans) a été la saison dernière championne de France, d’Europe et du Monde dans sa catégorie! De même Julien Audin (30 ans), Laurianne Masson (19 ans) et Cesare Reversade (11 ans) sont dans les meilleurs Français de leur catégorie.


Peux-tu nous dire ce qui fait de ce sport une passion pour toi? Pourquoi le recommanderais-tu à ceux qui ne le connaissent pas encore?

— Ce qui m’attire c’est le contact avec l’eau et les nombreuses possibilités de se faire d’énormes sensations avec la prise de risques et les montées d’adrénaline. Et c’est pour ces raisons que je le conseille à tous! En plus débuter et se faire plaisir vont de pair car l’initiation n’est pas difficile: avoir des notions de glisse n'est pas obligatoire pour s’amuser...


Le wakeboard est-il nécessairement un sport pour les jeunes? Quelques conseils pour les débutants?

— Essayez une fois, et après la magie opère... Même les quinquagénaires peuvent s’y essayer! (Il rigole)


Peux-tu nous parler rapidement de l'organisation de ce sport au niveau national?

— Il n’existe pas de véritable fédération de wakeboard mais une commission au sein de la fédération de ski nautique, et nous rencontrons les mêmes problèmes politiques qu’entre le snowboard et le ski alpin: la fédération n’aide pas autant le wake que le ski nautique à se développer malgré son succès en terme de vente de licences. Mais à la longue cette tendance tend à s’inverser grâce au travail d’une poignée de bénévoles motivés.


Qu’en est-il au niveau local? La Savoie réussit-elle à tirer son épingle du jeu, en termes d’organisation et d’infrastructures?

— La région Rhône-Alpes est en général très dynamique puisqu’elle organise chaque saison depuis 1999 un Tour de cinq étapes. Grâce à ses superbes lacs, la Savoie dispose de bonnes structures, notamment le Ski Nautique club de Sevrier-Annecy qui est le plus gros club de France en termes de licences.


Où nos lecteurs pourront-ils s'essayer au wakeboard autour du lac d'Annecy? Conseillerais-tu un club en particulier?

— Il y a de nombreuses écoles de ski tout autour du lac, certaines à vocation commerciale et d’autres qui œuvrent plus pour faire évoluer le sport en favorisant la découverte et l’entraînement de compétiteurs. Je m’entraîne au club "Wake The Best" (au restaurant Le Clos Marcel) à Duingt où l’ambiance et le cadre sont au top de même que pour les conditions de ride. Contact: Rico 06 80 98 89 13

Le wakeboard reste un sport assez peu connu en France alors que dans certains pays étrangers, aux États-Unis notamment, ce sport a acquis une grande popularité et s'est largement démocratisé. Comment expliques-tu ce phénomène?

— À mon avis la raison principale est le prix du carburant qui est moins élevé dans d’autres pays, ce qui induit une pratique moins onéreuse. Après, la culture du pays en général favorise ou non ce développement.

Existe-t-il des variantes du wakeboard?

— Oui, il en existe deux: le wakeskate et le wakesurf. Le wakeskate se pratique avec une planche plus petite que pour le wakeboard, et les pieds ne sont pas attachés à la planche, ce qui permet d’autres axes de rotation pour effectuer des figures. Le wakesurf consiste à se placer à quelques mètres (voire quelques centimètres) derrière le bateau sur une planche analogue à un surf d’eau, pour glisser sur le sillage naissant du bateau sans utiliser la traction de la corde: elle ne sert qu’au démarrage, ensuite le rider la lâche pour véritablement surfer indéfiniment.

Quel est selon toi l'avenir du wakeboard en France et en Savoie?

— Le sport se développera encore je pense, mais sans pour autant remplacer le foot (ce qui serait quand même cool!). Je pense aussi que l’émergence du wakeskate et du wakesurf aideront à cette démocratisation du wakeboard.

Merci beaucoup Yann de nous avoir fait partager ta passion pour le wakeboard, pour finir un petit mot?

— Venez nombreux goûter aux sensations de ce sport très ludique... Arvi!

 

Propos recueillis à Annecy par Adrien Fournier et David Frank en août 2005.

Liens associés :

Site de l'association française de wakeboard

Site de la fédération française de ski nautique